L’orage

Je me souviens que, la nuit, dès les premiers coups de tonnerre, je sortais doucement de mon lit pour me poster à la fenêtre de la salle de bain. Debout sur une chaise en bois, les yeux au niveau du bord de la fenêtre, je regardais les éclairs tomber sur la rangée d’arbres qui longeait le champ derrière la maison.

J’aurai pu rester des heures à contempler ces bras de feu descendre du ciel… des heures à écouter le son de ces déchirements… Mais un bras venait inlassablement casser le charme. Mon père regardait le spectacle avec moi quelques minutes puis me portait de force jusqu’à ma chambre. Dès qu’il avait le dos tourné, j’y courrais et il revenait… sans jamais rien dire ! Et c’est sans doute le plus étonnant pour moi dans cette histoire, c’était que, pendant ce moment précis, la voix de mon père ne tonnait jamais…

J’aime à penser que petit garçon, il devait aussi s’évader devant ce spectacle…

Bonne fête Papa !