A quatre mains

Camille chante « je ne peux pas faire tout toute seule, pas faire un quatre-mains seule au piano, c’est faux, c’est faux » in Quand je marche (Le fil, 2005). Des fois, nous avons besoin d’un contre-poids pour mesurer ce qui est important.
Le poème Distance (texte en gras) est tiré de La danse de l’ange rebelle de LSH. Je n’ai pas demandé l’autorisation de publication à l’auteur mais je sais qu’il ne m’en voudra pas d’avoir brodé sur ses vers.

De votre contact, nous nous tenons en exil
Votre exil prend fin mon roi , ce chemin s’éteint
De l’abondance de vos paroles, notre silence nous éloigne
Au delà de vos paroles, votre silence me tient la main
De l’empressement de vos frôlements, notre épiderme nous défend
Et sous le frôlement de vos doigts, mon épiderme tressaille.

A distance nous nous tenons, pour les émois prémunir
L’un avec l’autre, nous nous tenons à proximité,
Et ne pas être emportés par le courant qui dilue
Jusqu’à ne faire qu’un et enfin faire se taire
L’orgueil de l’individu, qui se veut différent
Votre insidieux orgueil, qu’il vous laisse devenir différent.

Du vacarme de vos errements, nous nous isolons
Du soleil de vos errements, je refleuris à l’été
Taciturnes et rêveurs, nous préférons respirer l’air pur et cristallin,
Heureuse et rêveuse, je préfère prendre la clé des champs
Celui des matins clairs, ou rien n’est encore joué
Celle que le matin clair nous donne quand rien n’est encore joué

Nulle angoisse devant la page blanche de l’aurore rayonnant
Nulle angoisse devant votre regard percé par l’aurore rayonnant
Mais opprimés par le poids de la fatalité
Et vidé du lourd poids de la fatalité
Nous imaginons le renouveau et guettons le non réalisé
Nous ébauchons un renouveau et envisageons le non réalisé

Se tenir à distance, pour questionner le silence.
Se tenir côte à côte et questionner le silence.