Les malheurs de Sophie

Dimanche après-midi, je suis allée faire un tour à la braderie de Book Hémisphère à Kervignac et j’ai trouvé quelques bricoles intéressantes : un livret sur la verrerie ancienne de Pierre Ennès (tout ce que j’aime : technique et histoire) , J’aime le dessin animé de Denys Chevalier (Histoire du dessin animé qui m’aurait bien servi pour un exposé que j’ai fait sur les arts dans les années 20 !), Art et technique du Batik de Muhling et Janvier (un manuel de savoir-faire) et enfin un catalogue d’exposition Au temps des Petites filles modèles édité par le Musée du Costume de la ville de Paris qui date de 1958 sur les costumes français de 1845 à 1869.

Cette exposition fait référence aux oeuvres de la Comtesse de Ségur et notamment les Petites Filles Modèles. Les modèles présentés m’interpellent vraiment sur les « moyens » de l’époque. Une simple robe à crinoline devait demander des mètres et des mètres de tissus !

De 1845 à 1860, la crinoline est ronde. D’abord simple jupon fait d’une étoffe tramée de crin, à laquelle elle doit son nom, elle se transforme, à partir de 1856, en une cage inventée par Auguste Person, à cerceaux superposés reliés apr des cordons, et prend de plus en plus d’ampleur.

Le taffetas, l’ottoman de soie ou de laine, l’organdi, la mousseline empesée sont les étoffes préférées…

Ca me laisse un peu perplexe… Le taffetas étant un tissu à base de soie, il devait non seulement être fragile (au vu des robes, le tissu devait supporter une certaine charge et sans doute les cerceaux faisaient-ils office d’arcs-boutants comme en architecture gothique mais là je fabule un peu 🙂 ) mais en plus être onéreux (soie = Chine donc importé et compagnie). Apparemment le taffetas était très utilisé aussi bien en ville qu’à la campagne ! Enfin…

Autre aspect intéressant de ce catalogue, c’est la liste des revues de mode de l’époque ! Entre Le petit courrier des dames, Le Musée des modes, le Journal des Demoiselles, le Conseiller des Dames et Demoiselles, finalement avec Elle et Vogue, nous n’avons pas tant changé que ça 🙂

Un chapitre est aussi consacré aux caricaturistes inspirés par la mode 🙂 Une rubrique s’appelle Modes pour rire et l’autre La Crinolomanie : « Madame, je vous en supplie, sortez à reculons… », Comme quoi il est plus facile d’élargir les portes que de diminuer les jupes… », etc.

Et du coup, j’ai ressorti un ancêtre de ma bibliothèque, un livre que m’a offert ma mère quand j’étais petite : Les Malheurs de Sophie.