Dancer in the dark

C’est la saison des classiques, j’ai donc décidé de me refaire une petite série de palme d’or. Ce soir, j’ai commencé par Dancer in the Dark de Lars Von Trier. Je n’avais pas revu ce film depuis sa sortie. Et définitivement, en le visionnant, je ne peux que faire le rapprochement avec Cassavetes et cela à plusieurs niveaux :

– au niveau filmique : Cassavetes était proche de ses acteurs et de ses personnages.  Il filmait énormément en gros plan. Dans Dancer in the Dark comme dans Breaking the waves ou Dogville (pour Melancholia, Europa ou Les idiots, je ne m’en souviens pas vraiment) , Von Trier utilise le même procédé accentué par une caméra à l’épaule qui accompagne le personnage. Et les rares plans fixes sont très courts et s’enchainent rapidement.

– au niveau dramaturgique : tout ça maintient une tension presque palpable, dans une sorte de paroxysme (Selma et Jeff dans la prison ou Mabel pendant ses crises d’hystérie dans Une femme sous influence).

– au niveau des personnages :  la majorité des rôles de femme chez Cassavetes sont des rôles forts, comme chez Von Trier… Des femmes bousculées par la vie, en difficulté que ce soit mentale, physique, dans leur vie de femme, d’amante ou de mère, des situations douloureuses.

Von Trier a un côté plus brut que Cassavetes dans le traitement de l’image, ce qui laisse sans doute plus de place au pathos pour s’exprimer (voir la différence de traitement entre Breaking the waves et Dancer in the Dark).

En tout cas, même après 12 ans, le film n’a rien perdu de sa force, j’ai encore pleuré comme une madeleine à la fin :-/. D’ailleurs, je file avant de noyer mon clavier 🙂