Toto le Héros

Par quoi commencer ? Sans doute par le début 🙂 La première fois que j’ai entendu parlé de Jaco Van Dormaël, c’était au conservatoire. J’ai assisté à la projection d’un court-métrage d’une vingtaine de minutes qui s’appelle De Boot. Je suis restée scotchée à mon siège tellement ce CM débordait d’idées, de poésie,  vraiment, l’oeuvre d’un esthète de l’image. J’ai adoré… Dramaturgie sur le thème de la mort (des enfants attendent un éventuel bateau qui doit les sauver), principe des matriochkas : une représentation dans la représentation (ou mise en abyme) utilisée de façon très fine. De mémoire, une belle oeuvre. malheureusement, je ne le trouve nul part 🙁

J’ai enchainé sur Toto le Héros de suite. Pour me rendre compte qu’en fait, De Boot était une préparation pour ce long métrage. Même thème, même complexité temporelle, même procédé de mise en abyme et un Michel Bouquet magistral dans le rôle de ce vieux monsieur voulant tuer son voisin qui lui a volé sa vie. Un certain rapport à la mort, on ne sait pas trop si le personnage l’est ou pas, les trois périodes de sa vie (enfance, adulte, vieillesse) se croisent, les morts de Toto reviennent régulièrement et finalement tout se mélange mais garde une unité, rythmé par la chanson de Trénet Boum. Thomas adulte à la voix de Thomas vieillesse, idem pour Alfred le voisin.  Flashbacks de plans assez courts de bribes de vie antérieures ou postérieures à l’action en cours, un beau travail de fond temporel et narratif.

Je me souviens que ce vieil homme m’avait beaucoup touché, j’ai versé quelques larmes sur ce film à l’époque et je pense que son obsession, sa conviction, son « sacrifice » m’ont énormément atteint. Je l’ai revu il y a deux jours et j’y étais moins sensible, ma propre vieillesse agissant sans doute 🙂 je comprends certainement mieux l’attitude de cet homme et ses décisions.

Et je ne parle pas de l’utilisation de mon poème favori : Mon rêve familier de Verlaine. Ou en quelques images, ce poème prend toute sa signification. C’est d’ailleurs sans doute le moment où j’ai le plus pleuré.