Antichrist

 Avant de donner un avis sur ce film, j’ai besoin de le revoir, même si je l’ai visionné hier soir 🙂 .

Juste quelques obversations :
1) défintivement, Von Trier et Cassavetes même combat. Par contre, si Von Trier ne fait aucune concession sur ces personnages, Cassavetes a un côté beaucoup plus sensible et plus humain qui justifie la différence de traitement visuel.

2) Von Trier utilise le même procédé narratif que pour Breaking the Waves, une narration à chapitre avec un prologue et un épilogue.

3) Je vais un peu m’attarder sur ce prologue magnifique, tragique puisqu’un enfant se défenestre pendant que ces parents font l’amour. En noir et blanc, au ralenti.
La musique choisie par Van Trier est le morceau Lascia chio pianga d’Haëndel. Je ne sais pas s’il faut y voir un rapport mais ce morceau est aussi le morceau phare du film de Gérard Corbiau, Farinelli. La scène où il est interprêté correspond à la castration de Carlo Broschi, on voit l’enfant déposé par son frère dans un bain de lait et du sang qui s’y répand. Dans Antichrist, Willem Defoe éjacule du sang, rapport à la castration ou allégorie de la mort ?

4) Je dois dire que même avec du recul, j’ai du mal à savoir quel est le véritable thème du film : un film gore, un film esthétique, un film allégorique, la folie de la femme, la douleur d’une mère ayant perdu son enfant, la torture psychologique, la difficulté de la femme de se trouver dans le double rôle de mère et de femme, la difficulté à assumer sa féminité, une femme angoissée qui décide de tuer son enfant et ce qui l’a engendré (couple et elle-même), le mal s’immiscant dans la pureté  ? En tout cas, j’y vois plus une interrogation de Lars Van Trier qu’un acte fini ou un jugement.