Les Herbes folles

Resnais : j’ai quatre biographies dans ma bibliothèque, sans parler des scénaris qui trainent par ci, par là (Nuit et Brouillard de Jean Cayrol, Hiroshima mon Amour de Marguerite Duras), des livres de photo de tournage, etc. . S’il existait une statue le représentant, elle camperait certainement dans ma bibliothèque. Mon phare pendant mes études de cinéma, quel étudiant ne voudrait pas avoir la liberté et l’audace de ce grand monsieur.

Resnais, l’ovni du cinéma français. Il a toujours su se détacher des courants cinématesques en cours et s’accrocher à son propre rivage. D’un film à l’autre, jamais le même, toujours différent… Un Vannetais 😉 ! Mais à 80 ans, quelle constance dans la modernité, dans le jeu, voir la jeunesse, dans la pudeur, dans la tendresse, dans le respect… Et quel talent !! Avec une formation initiale de monteur, il a toujours su donné à cette profession une place d’honneur à côté de la réalisation et du scénario. Et c’est, selon moi, ce qui donne toute la force à ses films, au niveau technique.

Bref ! 🙂

Après On connait la chanson, j’avais mis Resnais en stand by. Déçue par ce film, je n’en ai quasiment aucun souvenir, exceptionnel sur ce sujet pour moi ! Il faudra que je le revois quand même, histoire de ne pas rester sur ce goût amer…

Alors quand Les Herbes Folles sont sorties, pas envie de les voir… Du mal à y retourner et hier soir, je n’avais plus que ça à regarder sur mes tablettes alors j’y suis allée. Et quel plaisir ! J’ai retrouvé mon Resnais inventif, tendre et jovial. Il a ressorti sa boite à idées et j’ai adoré, beaucoup ri. La fin part complètement en queue de poisson mais je ne reste pas sur un mauvais sentiment.

L’histoire ne casse pas trois pattes à un canard mais Resnais a plutôt accentué l’action sur les personnages et le montage ce qui fait que l’histoire, après tout, on s’en fout un peu 🙂 Une dentiste se fait voler son sac à main, un homme retrouve son porte-feuille dans le parking d’une supermarché et la contacte, puis la harcèle : lettres, coups de fil, pneus crevés… Ils vont se rencontrer et c’est là qu’il faut voir le film 🙂