Au pays des cigales…

Lors des J.O.I.E.S (Journée d’Orientation et d’Information pour une Economie Solidaire), l’année dernière au mois de novembre, j’ai participé à plusieurs des animations proposées dont l’ « Atelier de survie dans un monde sans
pétrole » animé par la SCOP Le Pavé. Nous étions plusieurs groupes à réfléchir sur différents thèmes de la vie quotidienne (transport, eau, agriculture, etc.). Je dois dire que j’avais vraiment apprécié de partager avec mes collègues mes petites trouvailles de tous les jours et qu’ils fassent de même. Pour une fois, j’ai réussi à m’exprimer pleinement sur un sujet qui me touche. Chaque solution devait concerner particuliers et collectivités. C’est à cet atelier que j’ai entendu parler pour la première fois des C.I.G.A.L.E.S. (Clubs d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locales de l’Epargne Solidaire)… Le vieux monsieur qui m’en a parlé faisait parti de ce club et a tenté de m’expliquer son action mais avec le brouhaha du Café du port, c’était peine perdue pour que j’entende ses explications. C’est dommage, je n’ai pas eu le réflexe de prendre son nom 🙁

Donc, intriguée, je fis quelques recherches à l’époque et je suis tombée sur leur site. Si j’ai tout bien compris : tu leur files un peu de tes économies (ou tout, c’est comme tu veux, tu choiz’), ça reste bloqué quelques temps (5 ans en fait, c’est moins qu’une  assurance-vie, P.E.L. & cie – c’est comme un Fond commun de placement pour ceux qui ont travaillé dans une grosse grosse entreprise comme moi et qui y ont déjà souscrit – euh pour retirer tes sous, pas besoin de te marier, de faire des enfants ou d’acheter une maison hein ! 🙂 ) et eux réinvestissent tes sous en aidant des entrepreneurs à créer ou développer leurs activités, à condition qu’ils soient du coin et « respectueux de la place de l’Homme dans son environnement ».

Ca fait sérieusement réfléchir ! Nan ? Vous n’en avez pas marre de ces banques qui trouvent tous les prétextes possibles et inimaginables pour vous facturer des prestations, des banques qui empruntent à des taux dérisoires pour nous facturer à des taux prohibitifs. Personnellement, ça commence à bien faire… Je vais finir par mes mettre mes p’tits sous sous mon matelas si ça continue ! Et pourquoi pas ailleurs 😀 ?

Edit

Ouh là, je reprends mon texte parce que figurez-vous, que hier soir, je suis allée à la porte ouverte de la Croisée des Chemins, une cigale basée à Landévant. Curiosité et projet en cours m’ont fait aller me renseigner un peu plus et en direct pour que ce soit vraiment clair et paf, une bonne claque à mes questions et mes préjugés dès le départ 🙂

1/ Une CIGALES n’est pas une banque : je m’explique. On n’y entre pas pour juste déposer son argent. Le processus est plus complexe et tout à fait dans l’idéologie que la CIGALES véhicule.

2/ Une CIGALES est une « famille » : dixit les cigaliers, la CIGALES est un groupe de personnes soudées par la même envie, le même besoin de s’investir humainement dans un projet local.

3/ Une CIGALES est un pôle de compétences : en fait, les cigaliers deviennent associés du projet qu’ils financent. Ils s’investissement financièrement et humainement dans le sens où chaque cigalier met son expérience à son niveau à disposition du porteur de projet…

Bref, devenir cigalier demande un investissement humain au delà du simple prêt. Pour être cigalier, il faut être prêt à s’impliquer pleinement dans le projet que l’on finance et être porteur de projet et faire appel aux CIGALES demande une totale confiance dans ce partenaire inattendu et de partager intégralement son projet.

Au vu de l’ambiance qui règne dans cette CIGALES, cela motive à participer : les choses sont clairement dites dès le départ et bien expliquées. On est accompagné dans son projet et cela peut faire du bien avant, pendant et après le commencement  du projet…