Théâtre d’Epidaure

La ville d’Epidaure était située en Argolide, berceau de la civilisation grecque. Elle est célèbre pour ses nombreux monuments qui y furent construits dont le temple dorique d’Asclépios (par Théodoros et Thimothéos) et son théâtre (par Polyclète le Jeune).

Epidaure

Situation géographique

carteEpidaure

Epidaure était une cité d’Argolide, sur la côte nord-est du Péloponnèse et le golfe Saronique. C’est un promontoir compris entre deux ports bien abrités. Pausanias la décrit comme un vallon boisé resserré entre les monts Titthion et Kynortion.

Elle est célèbre pour son sanctuaire d’Asclépios qui se développa surtout au IVème siècle av. J.C..

Situation historique

A Epidaure, un premier sanctuaire fut construit pour le dieu Malos, assimilé à Apollon sous le nom de Maléatas.

A la fin du VIème s. av. J.C., Epidaure institue le culte d’Asclépios, obscur dieu guérisseur de la Thessalie, renommé pour son art de la chirurgie et ses soins par les plantes. Les malades venaient de toute la Grèce consulter Asclépios (Esculape chez les Romains) qui les guérissait pendant leur sommeil. Ces traitements s’accompagnaient, suivant les cas, d’exercices physiques, de relaxation, de bains ou de divertissements intellectuels.

Au Vème s. av. J.C., son culte s’étend et la médecine devient scientifique. Pour Homère, Asclépios est un simple mortel.

Au IVème s. av. J.C., Asclépios devient demi-dieu, fils d’Apollon et de Coronis (fille du roi des Lapithes), instruit à la médecine par le centaure Chiron sur les pentes du mont Pélion. Comme il rescucite des morts, Zeus le punit en le foudroyant mais Asclépios continue son action sur les malades venus le supplier dans son sanctuaire de Tricca (Thessalie). Pour remercier le dieu de ses miracles, les pèlerins lui offrent des ex-voto représentant les parties du corps guéries (pratique encore usitée dans certains pays). Les serpents jouant un grand rôle dans la guérison des malades, l’attribut d’Asclépios est un bâton où s’enroulent des serpents (le caducée des médecins).

Au IVème s. av. J.C., un oracle de Delphes vient légitimer Epidaure comme lieu de naissance d’Asclépios.

Son sanctuaire (le téménos) est délimité par des bornes, des clôtures en bois, en pierres (périboles), ou par un espace boisé (alsos : bois sacré) où il est interdit de naître ou de mourir. Il comprend de nombreux monuments :

  • le temple d’Asclépios, IVème s. av. J.C.
  • la Tholos, IVème s. av. J.C.
  • le Gymnasion, IVème s. av. J.C.
  • le temple d’Artémis, Vème s. av. J.C.
  • l’abaton, IVème s. av. J.C.
  • les propylées, IVème s. av. J.C.
  • le théâtre, IVème s. av. J.C.
  • le stade, Vème s. av. J.C.

Epidaure, par le style de ses monuments, exerca une influence décisive sur l’évolution de l’architecture grecque.

Le théâtre

Situation

Le théâtre se situe au sud est d’Epidaure à 500 mètres du sanctuaire d’Asclépios, en haut du mont Kynortion. Il est conçu par Polyclète le Jeune et peut recevoir jusqu’à 14000 spectateurs.

Les travaux débutent vers 330 av. J.C.. Son aménagement se déroule à la fin du IVème s.av.J.C. et au début du IIIème s. av.J.C.. Il apporte un nouveau style : invention d’un nouveau chéneau dorique, acclimation de l’ordre ionique, des colonnades intérieures plaquées contre les murs (fonction décorative uniquement).

Le théâtre et le sanctuaire sont pillés en 267 ap. J.-C. par les Hérules, puis en 395 par les Goths d’Alaric Ier. Cependant, les dégâts restent limités. Jusqu’au début du XIXe siècle, le théâtre est pourtant réputé disparu. Puis un voyageur anglais, W. Gell, relève le plan des ruines. C’est sur ce lieu mythique que l’indépendance de la Grèce a été proclamée en 1822. Le théâtre a été déblayé par les archéologues grecs (avec la participation de l’Ecole Française) entre 1881 et 1883. De tous les théâtres antiques, le théâtre d’Épidaure est le mieux conservé. C’est à la pinède qui l’avait recouvert que ce théâtre doit de ne pas avoir été détruit.

Description

epidaure

Koilon, theatron ou cavea

  • l’entrée par des portes (1) : trois piliers massifs reliés par une architrave ionique.
  • ensuite on longe le parodos (2) (ce sont des passages latéraux, parodoi au pluriel) pour accéder à la cavea
  • le theatron ou cavea fait 120 m. de long. Le dernier gradin culmine à 22,56m. et est situé à 59 m. de distance de l’orchestra. Il est en forme de fer à cheval
  • la partie basse (3) est divisée par 13 escaliers de pierre et forme donc 12 kerkides (4) (ou secteurs) soit 34 gradins.
  • le diazoma (5) (palier divisant le koilon horizontalement ou couloir de circulation) est situé à 11,52 m. du sol et est large de 1,90 m.. Il sépare les deux cavea.
  • la partie haute (6) est divisée par 23 escaliers de pierre et forme donc 22,5 kerkides soit 21 gradins. Une kerkide a été enlevée pour des soucis de visibilité.
  • Au sommet, un muret termine l’édifice, c’est l’analemna (7).

La Proédrie est le rang d’honneur pour les hautes personnalités : trônes de marbre, dossiers et accoudoirs l’agrémentent. Ce rang “VIP” se trouve au premier rang (comme à Priène) puis à partir du IIème s. av. J.C., on le retrouve au premier rang de la partie haute.

L’orchestra ou konistra

L’orchestra (8) est séparée du koilon par un caniveau (10) pour l’évacuation des eaux (2,10 m. de large !). Elle a un diamètre de 20,28 m. et est bordée d’un seuil de pierre de 38cm. C’est un cercle parfait. Au centre s’éléve un autel de Dionysos, le Thymélé (9).

Au départ, le sol est en terre battue puis il sera doté d’un plancher.

La scène ou skéné

Elle est précédée par l’avant-scène ou proskénion (11) (d’une largeur de 3,20 m.) encadré par deux paraskénia (12), ornées d’un porche ionique où coulussent des panneaux peints (pinakès) A Epidaure, la skéné est mal connue car découverte en état de ruine. Elle s’éleve sur deux niveaux et comporte :

  • un mur de fond et un abat-voix au sommet, haut de 3,53 m. et long de 22,06 m..
  • à l’étage, un arrière-scène ou logéion
  • au dessous, l’hyposkénion ou rez-de-chaussée (13) est clos par un mur percé

Epidaure représente la fin du processus d’élaboration du théâtre grec, rythmée par la rigueur mathématique. Par la suite, les transformations conduiront aux théâtres romains, notamment la mise en place de la hauteur identique entre le proskénion et l’orchestra.

Bibliographie

PAPAIONNOU Kostas / BOUSQUET Jean, L’Art grec, Citadelles & Mazenod, Paris, 1972 / 1993

CHARBONNEAUX Jean / MARTIN Roland / VILLARD François, La Grèce classique, Univers des formes, Gallimard, Paris, 1969

WEBSTER T., Le Monde héllénistique, L’Art dans le monde, Albin Michel, Paris, 1969

Istituto per la collaborazione culturale, Epidaure, in Encyclopedia universale dell’Arte, Venezia – Roma, 1958, p. 694

BERVE Helmut / GRUBEN Gottfried, Le Théâtre d’Epidaure, in Temples et sanctuaires grecs, Flammarion, Paris, 1965, p. 164 – 165

BIEBER Margaret, The Hellenistic theater building, in The History oh the greek and the Roman theater, Princeton University press, 1961, p. 108 – 128

ROUX Georges, L’Architecture de l’Argolide au IVème et IIIème siècle av. J.C., De Broccard, Paris, 1961

ROBERT F., Epidaure, Belles Lettres, Paris, 1935

BENOIT F., Manuel d’histoire de l’Art, L’architecture – antiquité, librairie Renouard et H. Laurens, Paris, 1911

A propos Yopla

Comme dirait mon meilleur ami, je suis une petite banane :-) J'aime bricoler, cuisiner, lire, rire, faire rire, l'odeur de l'herbe fraîchement coupée, le vent dans les arbres, la crème brûlée, l'architecture, les bisous :-), offrir des cadeaux... Je déteste laver la salade, l'hypocrisie, la jalousie, l'injustice, etc. Bref, un être humain tout simplement :-)

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