Corsaire, margouillet, métro

Hier soir, atelier d’écriture gourmand. Pour l’occasion, j’ai cuisiné une énième tarte poireaux-oignons et pour une fois, je dois dire que je m’améliore vraiment au niveau de ma pâte.

Alors, les exercices !

1/ Un texte où on devait placer : bleu, corsaire, moine, lorraine, cumin, curry, jaune d’oeuf. La majorité des textes a tourné sur le thème de la mer, je suis restée proche de mon estomac 🙂

Le bleu d’Auvergne, sous la cloche à fromage, campait entre l’assiette du corsaire et celle du moine. Les deux s’observaient du coin de l’oeil, se jaugeant. Lequel allait céder à l’irrésistible envie d’aborder le sujet litigieux qui animait tous les débats de la cour depuis deux semaines ?
La Lorraine, ou plus précisément sa quiche ! Un individu nommé Auguste Boulin avait osé modifier la recette ancestrale perpétuée par toutes les excellentes cuisinières de la région. Du cumin et du curry ! Quelle hérésie ! Et le pire dans cette affaire, les gens l’appréciaient. Des épices dans la quiche ! Et pourquoi pas un jaune d’oeuf supplémentaire, tant qu’on y était !
Le bleu, lui, attendait toujours sous la cloche qu’on veuille bien le libérer. Lui, c’est certain, demeurerait authentique…

2/ Prendre le grigri du voisin et expliquer pourquoi s’en est un… J’ai donc reçu de la part de Karine… un hippocampe ! Vous l’aurez quand j’aurai fini de l’écrire.

3/ Définition du margouillet : Vous connaissez tous les gargouilles ! Mais connaissez-vous le margouillet, le p’tit mari de la gargouille ? Mais si, mais si, regardez bien  n’importe quel tympan roman, tenez, celui de Sainte-Foy de Conques par exemple. Si vous observez la partie représentant l’enfer, vous les verrez s’affairer autour des chaudrons, hideux et grimaçants à souhait.
Car oui, chez les gargouilles, c’est monsieur qui régale : pot-au-feu de pieds fourchus ou cuisseau de curé rôti , ce sont de vrais chefs !

[vraie définition] Anneau en bois servant au maintien des voiles sur un bateau. [/vraie défintion]

4/ Les stations de métro : caser dans un texte le plus de noms de station de métro de la ligne 12.
A l’époque, j’habitais rue Durantin dans le 18ème… Mon petit plaisir du matin était de prendre un café à la terrasse du bistrot en face de la bouche du métro Abbesses. Au soleil, les effluves du café chaud légèrement acres montaient voluptueusement le long de la façade décrépie. Je regardais ma montre et il était déjà temps de prendre le chemin du métro-boulot. Une fois installée confortablement, je sortis de mon sac le dernier recueil de poésie glâné lors d’un troc et puces sur les quais au niveau de Solférino, prête à en avaler quelques pages jusqu’à la station Madeleine où je travaillais.
Pigalle et un tour de Moulin Rouge…
Notre-Dame de Lorette et l’ascension de la rue des Martyrs pour rejoindre Montmartre.
Saint-Lazare et y prendre le train jusqu’à Rouen pour rendre visite à mon amoureux du moment.
Madeleine passe… Je me souviens… Il y a déjà cinq ans, sur le quai de Montparnasse-Bienvenüe, j’arrivais à Paris le coeur lourd, les yeux larmoyants. J’avais quitté ma Bretagne pour venir dans cette ville aux milles visages avec son mur aux milles Je T’aime, sans y connaître personne…
Madeleine passe… Les stations filaient, Concorde, …, Rue du Bac, et enfin je me levais à Rennes, deux minutes d’arrêt.